À propos du goût de la lumière
Un truc comme une sorte d'horreur boréale

Saison 1 - Episode 5

L'anecdote

Information Introductive d’Intérêt Relatif : Cet épisode vient de changer de place. Il fut le neuvième tourné, le sixième diffusé et devient aujourd’hui l’épisode 5. Pourquoi cela ? Parce que l’on supprime l’épisode qui occupait jusqu’ici cette position. Pourquoi cela ? Parce qu’on trouve qu’il est très nul. (Mais nous le publierons peut-être un jour dans un coin “Corbeille, avec d’autres ratés ou des scènes coupées.)

           Avant toute chose, je vous juste prie (←ceci est un jeu de mots), Ô amis visiteurs, de ne pas me faire grief de ce que je vais engager cette anecdote avec beaucoup plus de sérieux que jamais je n’en fis montre auparavant sur ce site ; car malgré tous les défauts que nous lui savons et ceux que l’on ne manquera pas de lui trouver encore, le présent épisode revêt une importance toute particulière dans l’histoire et la généalogie de la série. Oui, la route est longue, qui mène à la réussite, ou tout au moins à une autosatisfaction absolue ; longue et tortueuse ; aussi peut on dire que cet épisode en marque pour nous le premier tournant.

           Dès l’abord, on aura pu observer que contrairement aux précédents, cet épisode est lui aussi en noir et blanc. (à l’inverse, les suivants ne seront pas en couleur non plus). D’aucuns, plus avertis, se seront peut-être même avisés d’une évolution quant à la qualité photographique, et ça, c’est parce que nous avons changé de matériel (voir fiche technique), et que de surcroît cette vidéo s’est vue offrir le petit luxe d’un étalonnage. C’est à dire qu’on a retravaillé sur la colorimétrie, les contrastes, etc... pour caractériser un peu l’truc. C’est Romain qui a fait ça ; l’étalonneur Italien, qu’on l’appelle, dans le milieu.
           Une autre changement qui peut sauter aux yeux à la vue de ce cinquième épisode concerné le découpage technique. Pour 3 valeurs de plan dans les épisodes précédents, on ne trouve plus ici que du plan séquence - du plan séquence un peu foireux. Eh bien ça, c’est tout simplement à cause que nous n’avons pas eu le temps de tourner les plans serrés. Parce que nous avions décidé de tourner un jour ou nous avions tous plein de trucs à faire pour que ce soit plus difficile et vraiment chiant, et pour décupler les chances de tout foirer, et que du coup , une fois l’équipe au complet, il ne nous resta plus que 3h pour tout mettre en boîte. Sans oublier que le texte fut terminé 20mn avant de tourner, et que Charles Quéméré avait dû fumer un arbre avant de venir, parce qu’il avait une crise de rire toutes les 15 secondes. Résultat, 2h et 50 prises après le début du tournage, nous étions encore entrain de manger des tripes froides à la mode de Caen.
           Ensuite, si vous avez lu l’anecdote n°1, vous n’êtes pas sans savoir que nous souffrîmes de lourdes pertes, dans les débuts. Si vous n’avez pas lu l’anecdote n°1, alors allez la lire parce que je ne répéterai pas. Toujours est-il que la tragédie évoquée donna lieu à une scission - qui déjà poignait depuis longtemps. Nous avions voulu déléguer une partie du travail et ce fut un échec. Romain et moi nous retrouvâmes seuls mais à nouveau en confiance. Certes nous pleurâmes, un peu et en silence, les cadavres égarés de 3 de nos jeunes épisodes, mais nous surmontâmes notre chagrin et décidâmes d’enfanter à nouveau. Il nous faudrait simplement trouver un nouveau gars du son. Nous monterions nous mêmes (d’où le nouveau générique).
           C’est à ce moment là qu’une nouvelle créature fait son apparition, nous tendant une main passionnée et pleine de doigts... Lucie Brissaud. Lucie est une sorte de couteau suisse de sexe féminin, mais je vous en dirai plus dans sa biographie parce qu’il y a un temps et une page pour chaque chose.
           Pour le son, ce fut un nouvel échec. On avait fait venir un garçon croisé lors d’un tournage, ce sur le simple critère que j’aimais bien son visage, qui ressemblait à celui de Steve Buscemi. On sait pas vraiment ce qu’il a perché, mais il n’y avait rien de qu’il eût fallu. Pour le montage nous nous débrouillâmes donc, et ce fut pour le mieux. D’autant plus qu’il n’y eut qu’à choisir une prise par acte.

           Enfin, à ceux qui se demanderaient “Qu’est-ce que c’est que cette coupe de cheveux ?” je réponds qu’à cette époque j’essayais de ressembler à un lion, parce qu’on m’avait dit que j’avais la ride du lion un jour où je fronçais les sourcils. Mais apparemment ça faisait plus crado que lion, alors j’ai arrêté.

           Mais au bout du compte, qu’est-ce qui vaut vraiment la peine d’être souligné ici, hein ? Eh bien c’est qu’au cours des six mois qui ont séparés les tournages de cet épisode et du précédent, nous avons tout simplement grandi. Oui, grandi. Et nous signons ici la promesse d’une oeuvre mature et de plus en plus profonde. Je déconne. Que dieu ou Satan nous garde de devenir sage ou même sérieux. Et c’est sur l’extrême lucidité de Knut Hamsun que je vous quitte maintenant :

“L’âge n’apporte pas la maturité. L’âge n’apporte que la vieillesse.”