À propos de la croûte
Un truc comme une espèce de tranche de l'Art

Saison 1 - Episode 2

L'anecdote

Ce deuxième épisode fut, contrairement aux apparences, le septième que nous mîmes "en boîte" au cours de la frénétique semaine dont on parla au bas du premier épisode. Nous décidâmes, à l'époque, de ne pas monter et diffuser notre oeuvre selon la chronologie de tournage pour ne pas perdre définitivement l'attention des gens qui n'auraient pas été sensibles à la truculence ; à la fruste beauté ; au talent informe de brutalité ; et à l'étrangeté coton-tijoïde de notre copain Antoine (car le "vrai" second épisode nous mettait effectivement et à nouveau tous les deux devant l'objectif). On pourrait parler de l'éventuelle répugnance que d'aucuns ressentent peut-être à mon propre égard, mais je n'ai pas envie de l'envisager plus que ça (Je suis trop fragile ; d'autant plus quand la perspective première de ce projet était de me créer un espace d'expression ou j'eus pu m’abandonner sans réserve à mes obsessions, mon narcissisme et autres névroses... hairs on the nose (mon hommage à Pierre Dac ne connaît aucune frontière linguistique)) Et plus sérieusement, nous tenions avec ce 2ème pilote, à annoncer que la série verrait défiler toute une ribambelle d’intérimaires à mi-temps du spectacle, de tous les sexes. Tout au moins des deux que l’on connaît.

Caroline Marre? Nous la rencontrâmes sur la préparation d’un court métrage qui ne se tourna pas et dont le réalisateur avait des lunettes. Romain avait été sollicité pour chef-opérer et m'avait vendu gratuitement en tant qu’acteur pour camper, aux côtés de Caroline, la moitié testiculaire d’un couple témoin autour duquel s’illustrait une théorie de notoriété douteuse sur la mauvaise foi féminine. Nous rîmes beaucoup ensemble lors des répétitions -parce que Caroline est très drôle!-, aussi, quand peu de temps après nous décidâmes d’introduire dans la série le genre sexuel qui est le sien, nous lui téléphonâmes. Elle vint, et nous rîmes à nouveau. (Si vous la "tapez" dans Google, vous la retrouverez dans « Petites blagues entre amis », un buzz qu’elle a monté avec une paire de potes, et qui met en scène tout un tas d’histoires drôles. )

Chichu ? Romain l’a rencontré sur les bancs de L’ESEC. Ils se sont plus tout de suite. Je déconne, en fait j’en sais rien donc je vous file le numéro de Romain pour si vous voulez en savoir plus : 06 55 93 12 85. Ce que je sais, c’est qu’un jour où j’étais de passage à Paris, Romain m’invita à participer au tournage d’un court navet à la fin duquel je me retrouvai attaché à une chaise, en collants, chez un homme blanc à coupe afro qui me fixait d’un œil menaçant de lubricité en enfonçant lentement une banane dans les fesses d’un poivron rouge, et cet homme, c'était Chichu. Depuis, Chichu nous a suivis sur quelques couillonnades (mais nous ne l’appelons que quand il n’y a pas de fruits et légumes dans le script).

Caroline et Chichu furent également les vedettes du dernier épisode que nous tournâmes lors de la première session mais dont les rushes périrent, désintégrés par les sucs gastriques d’un disque dur mortellement constipé.

En lisant le script, vous pourrez remarquer que tout ce qui est écrit n’apparaît pas dans le montage final. C’est tout simplement parce qu’on a merdé au tournage. Vous pourrez également noter, après avoir vu le reste des épisodes, que celui-ci fut traité différemment. Une seule valeur de plan, l’objet (le tableau hors champ) autour duquel s’articule l’action se trouvant être le seul point de vue du spectateur. L’idée de départ étant de suggérer à travers les regards et réactions des personnages, une croûtosité (et un degré de gâchis par la suite) que nous n’aurions pas pu atteindre réellement sur une toile. Poils aux poils.

Voilà, plus rien à ajouter ici (à part peut-être des illustrations, bientôt...).

Merci et rendez-vous sur les pages suivantes !

J.